Eleven years after bringing rain to the Châtelet stage, Robert Carsen reunites Singin’ in the Rain at the Lido, in Paris. Tap shoes, orchestra, flamboyant costumes and real downpours: the Hollywood classic from 1952 comes back to life in a production as spectacular as it is faithful to its original spirit.
To give new life to this classic, Jean-Luc Choplin, artistic director of the Lido, turned to a trusted ally: Canadian director Robert Carsen. The two men have been working together for about twenty years and already know Singin’ in the Rain very well. In 2015, when Choplin was still directing the Théâtre du Châtelet, they had signed their first stage adaptation. Eleven years later, they rediscover Don, Lina, Cosmo and all the madness of Hollywood in the 1920s, this time on the Champs-Élysées.
When the opening notes of “Singin’ in the Rain” ring out, the rain soon begins to fall. A clever device allows the film’s one of the most emblematic sequences to be recreated on stage: Don Lockwood’s solo, tap-dancing on the soaked sidewalk, with only an umbrella and a streetlamp as partners. At the Lido, torrents of water rain down on Ashley Day, who reprises the role immortalized by Gene Kelly with infectious energy.
Retour dans le Hollywood de la fin des années 1920, au moment où le cinéma muet vacille face à l’arrivée du parlant. Don Lockwood et Lina Lamont, duo de stars que les tabloïds imaginent en couple, doivent eux aussi s’adapter. Problème : dès que Lina ouvre la bouche, le passage au parlant tourne au désastre. Pour sauver le film, le studio décide de la faire doubler par une jeune comédienne de théâtre dont Don tombe amoureux.
Difficile de toucher à Singin’ in the Rain sans se confronter à des images ancrées dans l’imaginaire collectif. Sur scène, vingt-quatre interprètes enchaînent claquettes, charleston et tango dans les chorégraphies de Rebecca Howell, tandis que Martin Surot dirige quatorze musiciens. Joué en anglais et surtitré, le spectacle conserve bien sûr les grands standards de la partition portés avec une précision réjouissante par la troupe.
Coup de cœur particulier pour “Make ’Em Laugh”, mené par Charlie Waddell dans le rôle de Cosmo Brown. L’interprète retrouve toute la virtuosité physique et comique de ce personnage de meilleur ami éternellement célibataire, dont la place légèrement en marge du couple Don-Kathy a aussi nourri, au fil du temps, les lectures queers du film. Les costumes participent eux aussi à l’éclat du spectacle : pas moins de 240 pièces aux couleurs éclatantes, mêlant satin, dentelle, perles, cristaux et plumes. De quoi retrouver cette extravagance volontiers camp qui participe depuis toujours au charme de la comédie musicale.
La scénographie joue surtout sur les lumières et les projections, entre images de l’Amérique des années 1920 et séquences filmées. Un parti pris qui pourrait sembler minimal, mais qui prend tout son sens dans une œuvre qui parle justement de la fabrication des images et de la transformation du cinéma. La configuration du Lido renforce encore cette sensation d’immersion. À quelques mètres seulement des interprètes, le public est parfois directement intégré au spectacle lorsque les comédiens quittent la scène et circulent dans la salle. Attention aux éclaboussures !
Flamboyant, généreux et joyeux, ce Singin’ in the Rain réussit surtout à retrouver le plaisir immédiat du film sans chercher à le reproduire à l’identique. De quoi nous donner presque envie qu’il pleuve.